Pourquoi certaines personnes peuvent-elles être atteintes de maux de tête pendant les rapports sexuels ? Une neurologue fait le point sur ce phénomène pouvant nécessiter une consultation en urgence.
Les maux de tête, ou céphalées, sont une manifestation extrêmement courante. Leurs causes sont nombreuses et variées : stress, fatigue, infections, hypertension, ou encore effort physique… Les maux de tête peuvent avoir une incidence sur la qualité de vie des personnes concernées, et comme le rappelle l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ils sont sous-estimés, mal reconnus et insuffisamment traités à l’échelle mondiale.
Sur Instagram, le Dr Jérome Mawet (@doc.migraine), neurologue, a publié une vidéo avec la Pr Anne Ducros, neurologue spécialiste des céphalées à Montpellier. Elle met en lumière un phénomène rare mais réel : les maux de tête peuvent parfois être associées à l’activité sexuelle. On parle alors de “céphalées sexuelles” ou coïtales.
Qu’est ce qu’une “céphalée sexuelle”, ce mal de tête qui survient pendant un rapport ?
“Si de temps en temps, il vous arrive d’avoir une céphalée après l’activité physique ou après l’activité sexuelle, ça peut être une céphalée primaire”, explique la Pr Anne Ducros. Contrairement aux céphalées secondaires, les céphalées primaires sont des maux de tête qui ne sont pas causés par une maladie.
La céphalée primaire liée à l’activité sexuelle est une douleur bénigne, sourde et diffuse, qui survient uniquement pendant un rapport sexuel, soit en augmentant progressivement avec l’excitation, soit de façon explosive à l’orgasme, peut-on lire sur le site CéphaléeClic. Elle peut durer de quelques minutes à 72 heures selon son intensité, et est plus fréquente chez l’homme, souvent associée à la migraine ou aux céphalées d’effort.
Pour être reconnue comme telle, elle doit s’être produite au moins deux fois et ne pas être mieux expliquée par une autre cause, notamment intracrânienne, précise le site CéphaléeClic. Elle doit aussi être liée à l’augmentation de l’intensité avec l’augmentation de l’excitation sexuelle ou à une intensité brusque juste avant ou pendant l’orgasme.
Le Pr Anne Ducros insiste : “Il faut consulter, faire des examens, exclure des causes vasculaires, et ensuite on vous donnera des conseils.” Bénigne ou non, toute douleur inhabituelle mérite une évaluation médicale.